Résumé :
L'arsenal thérapeutique des cancers pulmonaires connaît une évolution permanente, portée par une diversification à la fois des cibles moléculaires et des modalités d’action. Des inhibiteurs de tyrosine kinase (TKI) de “nouvelle génération” émergent, actifs sur les mutations de résistance, ainsi que de nouveaux inhibiteurs de KRAS ciblant au-delà de la mutation G12C. On observe également l’arrivée d’une nouvelle classe thérapeutique : la dégradation ciblée des protéines, dont les premiers médicaments atteignent désormais la clinique. En parallèle, les approches anticorps-drogues conjugués (ADC), anticorps bispécifiques et activateurs de lymphocytes T (T-cell engagers) élargissent le ciblage à des antigènes de surface jusqu'ici inexploitables et redéfinissent la séquence thérapeutique, y compris dans le cancer bronchique à petites cellules (CBPC), longtemps orphelin d'innovation. Cette revue propose un panorama de ces récentes avancées, restreint aux maladies de stade métastatique, en précisant pour chaque drogue son statut de développement et de disponibilité.
- Les inhibiteurs de tyrosine kinase (TKI) de nouvelle génération (talétrectinib, zongertinib) et les inhibiteurs de RAS
- La dégradation ciblée des protéines (PROTAC et molecular glues) franchit le cap de la preuve de concept clinique, avec les premiers dégradeurs de KRAS G12D et de la fusion d'ALK.
- Les anticorps-drogues conjugués (ADC) déplacent le ciblage vers des antigènes de surface (TROP2, HER3, c-MET, B7-H3) et offrent de nouvelles lignes thérapeutiques.
- Les anticorps bispécifiques et les activateurs de lympocytes T (T-cell engagers) semblent renforcer l'action du système immunitaire antitumoral ; le tarlatamab remonte les lignes dans le traitement du cancer bronchique à petites cellules (CBPC).
- L'enjeu se déplace désormais vers les questions d’optimisation de la séquence thérapeutique, d'identification de biomarqueurs prédictifs et d'équité d'accès aux soins.
Le succès des thérapies ciblant les mutations EGFR et les fusions ALK ou ROS1 s’est toutefois confronté à deux limites : l’émergence inéluctable de résistances au traitement et l’absence d’options pour de nombreuses autres altérations génomiques, au premier rang desquelles on comptait les mutations de KRAS.
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